«Toujours plus de murs dans un monde sans frontières». C'est par ce titre qu'Élisabeth Vallet débutait son article sur ce sujet dans "Le Devoir" du 26 octobre dernier. Et pourtant nous fêterons le 9 novembre prochain le vingtième anniversaire de la chute du fameux mur de Berlin situé entre l'Allemagne de l'ouest et celle de l'est. Cet événement suscita une onde de joie et d'espoir à travers le monde: verrions-nous enfin la chute de tous les murs?

Deux décennies plus tard nous devons constater hélas qu'il n'en est rien. Il existe présentement 10 murs à travers le monde "dont la majorité ont été érigés après cette date. Ils séparent des peuples et des États. Leur fonction a toutefois changé: ils n'empêchent plus des gens de sortir. Ce sont maintenant des remparts qui servent à bloquer l'arrivée de l'Autre. Celui qui est pauvre. Celui qui fait peur." ("La Presse" reportage du 26 septembre 2009). Voici leur liste officielle avec le but de leur érection. Cisjordanie : barrière de sécurité d'Israël contre les attaques des Palestiniens. Ceuta et Mellila: situé au Maroc pour empêcher l'immigration illégale des Africains vers l'Europe. Sahara occidental: pour protéger le Maroc contre les incursions du Polisario. Cachemire: pour protéger l'Inde de l'infiltration des séparatistes pakistanais. Belfast: symbole de la division entre catholiques et protestants. Bagdad: barrière de sécurité entre les sunnites et chiites. États-Unis-Mexique: pour contrer l'immigration illégale des Mexicains. Zimbabwe-Botswana: pour empêcher le passage de ceux qui fuient le régime du dictateur Mugabe. Chypre: mur de division entre Grecs et Turcs. Arabie saoudite: protection contre ses voisins "encombrants".


Mais en quoi ces murs nous concernent-ils puisqu'ils sont situés dans d'autres pays que le nôtre?

Ces murs visibles, il nous est peut-être difficile en tant qu'individu de les faire tomber. Mais combien d'autres, invisibles ceux-là, existent au milieu de nous: mur du racisme, du sexisme, de l'intolérance, de l'égoïsme, de l'indifférence… Là aussi la liste peut être longue. N'avons-nous pas un rôle à jouer au quotidien pour les bannir de nos vies? Par de simples gestes d'accueil et d'ouverture à l'autre, entre autres, ne pouvons-nous pas les faire s'écrouler d'abord en nous et autour de nous?

Je vous invite donc, chers Internautes, à partager vos expériences en ce sens et leur influence positive sur vos vies.

Jeannette Roy, fdls