«Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé, marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
Point de pain quelquefois et jamais de repos.
Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
Le créancier et la corvée
Lui font d'un malheureux, la peinture achevée


Il appelle la Mort ; elle vient sans tarder
Lui demande ce qu'il faut faire.
« C'est, dit-il, afin de m'aider
A recharger ce bois ; tu ne tarderas* guère. »

Le trépas vient tout guérir ;
Mais ne bougeons d'où nous sommes :
Plutôt souffrir que mourir,
C'est la devise des hommes.» * t'attarderas

Jean de La Fontaine

Cher monsieur Jean de La Fontaine, nous dirais-tu la même chose aujourd’hui ?
Nous du siècle actuel, comment devons-nous comprendre : «vivre, souffrir et mourir «dans la dignité» ?

Le Blog de la Sagesse offre aux Internautes la possibilité d’écrire d’autres «fables» sur le sujet. Ou encore de dialoguer avec le Bûcheron de la fable qui converse avec la Mort comme une Familière de son quotidien …

Peut-être pourrons-nous ainsi instruire monsieur De La Fontaine au sujet du «vivre, souffrir et mourir dans la dignité»? ...